Catégorie : Oenologie

Le verre du vin

Non, l’éternelle question du verre n’est pas de savoir s’il est à moitié plein ou à moitié vide : c’est de savoir s’il est de qualité. Il y a quelques jours, je suis en effet allé à un cours d’oenologie à Bordeaux lors duquel j’ai pu observer par moi-même le rôle qu’a le verre dans ce domaine. Si vous sifflez du vin pour vous abreuver pendant votre repas, et ce sans vous intéresser à sa robe et ses tannins, le verre que vous prendrez ne va bien sûr pas changer grand-chose.Vous pouvez tout aussi bien prendre un verre Amora. Néanmoins, dès qu’on sort des vins de table, il en va tout autrement : les bons vins se mettent réellement en valeur dans des réceptacles plus appropriés. Si vous n’avez jamais fait le test, je vous invite à goûter le même vin dans plusieurs verres de différentes formes. Vous constaterez que vous boirez des vins de différentes saveurs ! L’oenologue nous a ainsi rapporté une histoire intéressante qui le lui a bien montré. Il a offensé tous les convives durant une soirée oenologique qu’il avait menée : les goûteurs croyaient en effet qu’il leur proposait des vins de différentes qualités alors qu’il avait seulement servi le même vin, mais dans des verres de formes différentes ! Bref, pour profiter d’un vin de qualité lors d’une occasion particulière, mieux vaut opter pour des verres à pied. Ce n’est pas une simple question de snobisme : un bon vin a meilleur goût dans un bon verre. Les verres sont comparables à une chaîne hifi. Une chaîne bon marché vous permet d’entendre la musique, comme n’importe quel verre vous permet d’apporter le vin jusqu’à vos lèvres. Mais vous apprécierez bien davantage la musique si vous disposez de bons haut-parleurs ! C’est pareil pour le vin. Ce n’est que dans des verres spécialement conçus que vous pouvez discerner toutes les saveurs complexes d’un vin. Bref, ne faites pas l’impasse sur cette question !

La Chine a besoin d’oenologues

La Chine dispose du deuxième plus vaste vignoble au monde derrière l’Espagne et ses viticulteurs rêvent de se hisser au meilleur niveau mondial en termes de qualité. Pour ce faire, ils devront innover plutôt qu’imiter les vins d’Europe et du « Nouveau monde », avertissent des experts. La première fois qu’il est entré dans une exploitation viticole du Ningxia (nord de la Chine), M. Hernandez y a découvert un mélange fort peu gouleyant: du matériel chinois flambant neuf mais des idées françaises éculées sur la vinification, dit-il. Ce Chilien faisait partie d’un groupe d’une cinquantaine de viticulteurs internationaux venus participer à une compétition parrainée par les autorités. Chaque professionnel étranger était associé à une exploitation viticole locale, avec l’espoir pour les autorités chinoises d’y faire grimper la qualité et d’attirer l’attention. « Les vins ont du potentiel, quelque chose de spécial, mais pour l’instant la plupart des exploitations copient le style des Bordeaux. Les pays d’Amérique du Sud ont fait la même erreur il y a 20 ou 30 ans », constate M. Hernandez, qui a vinifié en Argentine, en Espagne et dans son Chili natal. Les producteurs devraient plutôt mettre en valeur leur propre terroir, plaide-t-il, et « offrir quelque chose d’unique ». Le Ningxia s’est lancé dans le vin récemment. Sur place, la plupart des ouvriers viticoles n’ont jamais dégusté leur propre production: car dans la région vit une forte communauté Hui, des Chinois musulmans dont la loi islamique prohibe toute consommation d’alcool. C’est l’ethnie majoritaire Han qui tient les impressionnants domaines viticoles du Ningxia, dotés de technologies dernier cri, avec fûts de chêne importés et espaces de dégustation classieux. M. Hernandez combat l’idée répandue qu’argent et investissement peuvent à eux seuls produire de grands vins: « Les exploitations viticoles du Ningxia pensent que faire du vin, c’est plus ou moins comme faire des voitures: on rentre du raisin et du vin en sort ». Alors que les vins régionaux sont produits majoritairement à base de cabernet, un cépage avec lequel les viticulteurs créent des breuvages riches en alcool et très boisés, les viticulteurs étrangers en visite ont plutôt eu l’impression que le marselan – un croisement entre le cabernet sauvignon et le grenache, qui produit un vin plus épicé et fruité – serait plus adapté au terroir local. Développer son « propre style sera important car la région est très différente de Bordeaux ou de toute autre région dans le monde », pointe Carsten Migliarina, un Sud-Africain qui a travaillé en France et produit désormais à Stellenbosch, dans son pays d’origine. « Sélectionner le bon cépage prendra du temps », prévient-il. La première exploitation viticole commerciale de Chine a ouvert en 1892, il y a plus d’un siècle, mais la production de vin chinoise a surtout décollé ces 15 dernières années. Le pays dispose désormais de 799.000 hectares de vigne, principalement destinés à l’alimentation, selon l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Les vins du Ningxia progressent en qualité. Ils ont même fait bonne figure lors de dégustations à l’aveugle : un « match Bordeaux-Ningxia » organisé à Pékin en 2011 avait ainsi vu les bouteilles chinoises l’emporter sur les françaises… La compétition était toutefois biaisée puisque les bouteilles testées devaient avoir un prix de vente en Chine compris entre 200 et 400 yuans (30-50 euros), ce qui, mécaniquement, désavantageait les Bordeaux dont le prix incluait une lourde taxe d’importation.

Le Portugal durcit sa législation sur l’alcool

Le Portugal compte durcir sa législation sur l’alcool, dont il veut interdire la vente aux mineurs de moins de 18 ans, contre 16 ans actuellement, à l’exception des boissons spiritueuses, déjà interdites aux mineurs. C’est ce qu’a annoncé le gouvernement dans un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres jeudi 23 avril. Ce durcissement va concerner aussi le tabac. « L’interdiction de fumer dans les restaurants et débits de boisson » sera généralisée et s’appliquera désormais « aussi aux cigarettes électroniques avec nicotine », d’après ce même communiqué du gouvernement. Selon la législation actuelle, les bars et restaurants de moins de 100 m2 peuvent choisir d’être fumeurs ou non fumeurs et les établissements plus grands peuvent autoriser la cigarette sur une partie de leur surface. Le Portugal n’impose pour l’instant aucune restriction à la cigarette électronique. « Les établissements pourront continuer à disposer d’espaces fumeurs, à condition de ne rien y servir », ni nourriture ni boisson, a précisé le ministre de la Santé, Paulo Macedo, ajoutant que les entreprises auront jusqu’à 2020 pour s’adapter. Source: Cours d’Oenologie.