Catégorie : Actualités

Quand les sportifs mangent mal

Le colloque «Nutrition et performance», organisé hier à Zéralda par le Comité olympique et sportif algérien, en partenariat avec le Groupe algérien de médecine et traumatologie du sport (Gamets), a été dédié à la mémoire du journaliste Ahmed Achour, décédé jeudi. Une minute de silence a été observée à sa mémoire. Pour revenir au colloque, la présidente de la commission médicale au sein du COA, Feriel Chouiter, qui a fait une intervention sur le thème «Bien boire pour éviter les déboires», a au passage regretté la «défaillance» des médecins qui exercent au niveau des fédérations sportives algériennes. Le docteur Amine Loughraïb, spécialiste en médecine du sport, qui a fait une communication sur «L’alimentation et la course à pied», dira : «Au cours de ce colloque, on a donné des recommandations afin que les encadreurs techniques se dirigent vers des nutritionnistes avant d’adopter un programme de préparation. Car par méconnaissance, beaucoup de sportifs, y compris parmi ceux qui ont des salaires élevés, ne récupèrent assez bien et ne mangent pas comme il se doit. Il faut dire que l’encadrement est totalement inopérant, les encadreurs ignorent que les carences générales n’aident pas à une bonne pratique sportive. Les athlètes qui négligent ce volet indispensable ne sont pas pris en charge sur le plan nutritionnel.» D’autres thèmes étaient au programme de ce colloque. A titre d’exemple, le professeur Yekdah, de la Fédération algérienne de football, a évoqué «L’évaluation du statut nutritionnel et métabolique de l’EN olympique de football en période précompétitive».

Le drame de la malbouffe

epuis 1975, le nombre d’enfants et d’adolescents obèses dans le monde a été multiplié par plus de dix, selon une étude publiée mercredi 11 octobre dans la revue médicale britannique The Lancet. Les auteurs de l’étude précisent que ces derniers restent moins nombreux que ceux en insuffisance pondérale et appellent à agir contre ces « deux fléaux », liés à la malnutrition. Toutefois, selon les conclusions de cette étude, basées sur les tendances observées ces dernières années, l’obésité juvénile devrait surpasser l’insuffisance pondérale d’ici à 2022. Les jeunes âgés de 5 à 19 ans considérés comme obèses étaient 11 millions en 1975. En 2016, ce nombre est passé à 124 millions, évalue l’étude menée par l’Imperial College de Londres et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aucune région du monde n’est épargnée par le phénomène. Aux Îles Cook (Polynésie) par exemple plus de 30% des 5-19 ans sont touchés. Ce chiffre atteint ou dépasse les 20% aux États-Unis, en Égypte, en Arabie Saoudite ou encore à Puerto Rico Si les pays riches parviennent à limiter le phénomène, les pays en développement connaissent une augmentation des jeunes concernés par l’obésité. L’étude montre que depuis 2000, le nombre d’enfants ou d’adolescents en insuffisance pondérale est en légère diminution, sauf en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique du Centre, de l’Est et de l’Ouest. En 2016, 192 millions d’enfants étaient considérés en sous-poids modéré ou sévère. Pour arriver à cette conclusion, les auteurs de l’étude se sont appuyés sur les données portant sur 31,5 millions de jeunes dans 200 pays. Parmi ces jeunes en sous-poids, les deux tiers habitent en Asie du Sud-Est, notamment en Inde. « Il y a toujours besoin de politiques qui encouragent la sécurité alimentaire dans les pays et les foyers à faible revenu. (…) Mais nos données montrent que la transition de l’insuffisance pondérale vers le surpoids de l’obésité peut se produire rapidement », avertit le Pr Majid Ezzati de l’Imperial College de Londres, qui a coordonné leurs travaux. Le spécialiste de santé environnementale met en garde en particulier contre le risque de « mauvaise transition alimentaire, avec une augmentation des aliments à forte teneur énergétique mais pauvres en nutriments ». « Très peu de politiques et de programmes essayent de rendre accessibles aux familles pauvres les aliments sains, tels que les céréales complètes et les fruits et légumes frais », a-t-il déploré, dans un communiqué accompagnant l’étude. Cela entraîne des inégalités sociales face à l’obésité et limite les possibilités de réduire ce fardeau, souligne le chercheur. L’obésité provoque des risques accrus de maladies chroniques, telles que le diabète, et de maladies cardiovasculaires.

HOP! lance une carte week-end

Vendue à compter de ce jeudi 5 avril, la carte Week-End d’Hop ! Air France permet de prendre l’avion moins cher, moyennant 69 euros par an. Mais est-elle vraiment rentable ? Prendre l’avion comme on prend le train pour une petite escapade, c’est un peu l’idée d’Hop ! Air France avec sa carte Week-End, une nouvelle offre vendue à partir du 5 avril. Valable un an et proposée à 69 euros (59 euros jusqu’au 11 avril), la carte Week-End d’Hop ! Air France permet de bénéficier de 25 % de réduction garantis sur plus de 60 liaisons domestiques, hors Corse et lignes saisonnières, sur les tarifs Basic, Basic + et Smart. Vous pouvez ainsi profiter d’un court ou long week-end, ou même de vacances. Une seule condition : passer la nuit du samedi sur place. Reste-t-il plus rentable de voyager avec la SNCF, ou même une compagnie d’autocars ? Du côté de la SNCF, l’abonnement annuel est un peu plus cher, à 75 euros (avec une réduction de 10 euros pour un renouvellement), et garantit 25% de remise sur les billets, non seulement pour le bénéficiaire mais aussi pour la personne qui l’accompagne. Un « plus » non négligeable. La rentabilité. Prenons l’exemple d’un trajet Paris-Lyon. Hop ! Air France assure que, grâce à sa carte Week-End, le client se verra proposer des billets à partir de 75 € l’aller-retour TTC (sans préciser pour quelles destinations), la carte étant ainsi amortie dès le premier aller-retour sur la base d’un tarif Smart et dès le 2ème aller-retour sur les tarifs moins onéreux Basic et Basic +. La SNCF, elle, estime que la carte est rentabilisée dès 2 allers-retours, un aller simple Paris-Lyon revenant à 97 euros sans la carte, contre 72 euros avec. En autocar, Flixbus propose par exemple un aller simple Paris-Lyon à partir de 18,90 euros.

Foodvisor – une photo pour manger sainement

Trop rapide, trop stressant, notre rythme de vie devient incompatible avec l’alimentation saine. Pourtant, 48% des français souhaitent mieux manger au quotidien. Si de nombreuses applications de #Nutrition existent, elles ont en général le défaut d’être chronophage. Foodvisor propose une alternative, connaître les calories de nos plats en les prenant en photo. Entretien exclusif. A mi-chemin entre Instagram et My Fitness Pal, l’#application Foodvisor fournit instantanément les informations nutritionnelles (calories, glucides, lipides, etc.) de votre plat à partir d’une simple photo. Capturez votre assiette, les aliments sont automatiquement reconnus par un algorithme. Ce système repose sur une base de données de plus de 1500 aliments. Autre avantage, elle livre chaque jour plusieurs conseils nutrition. Les algorithmes sont basés sur le deep learning, branche de l’intelligence artificielle. Elle consiste à reproduire le fonctionnement des neurones afin d’apprendre des concepts complexes à partir d’images simples. Ainsi, Foodvisor reconnaît non seulement les aliments, leurs valeurs nutritionnelles, mais estime également les quantités. Tout juste officiellement lancée en ce début 2017, la version 2.0 déjà un bel avenir devant elle. Né de l’idée de deux étudiants de l’Ecole Centrale Paris, Charles Boës et Yann Giret, ce concept était au départ un projet de fin d’études. Si les premières recherches sont officiellement lancées en avril 2015, l’idée est plus ancienne, comme l’explique Yann Giret, « Durant une année de césure, j’ai travaillé durant un an dans une start-up spécialisée dans les objets connectés de santé, Withings et je me suis rendu compte que les applications existantes pour surveiller son alimentation étaient assez rébarbatives puisqu’elles consistaient majoritairement à noter des aliments à la main dans une base de données. Je me suis donc associé avec Charles pour travailler sur un mécanisme qui permettrait de manger sainement, mais plus pratique que ces prédécesseurs. » En phase de test depuis plusieurs mois, l’algorithme de Foodvisor a rapidement acquis une grande fiabilité grâce à ses utilisateurs, se félicite Charles Boës. « Ce projet est devenu une startup à partir du moment où Gabriel [Samain] a rejoint l’équipe car grâce à lui, nous sommes passés de simples algorithmes à une véritable application. Son expérience dans l’entreprenariat et dans les logiciels a été d’une très grande aide. Nous sommes en perpétuelle amélioration de notre algorithme grâce à nos utilisateurs qui fournissent chaque jour de nouvelles données et photos. Ainsi, Foodvisor a pu devenir un outil complémentaire au travail des nutritionnistes, misant sur le suivi et la recommandation. » Source: challenge commercial.

Le food truck des îles

Kaoufe food truck c’est, depuis le 1er décembre, un nouveau camion de restauration à emporter ou à manger sur place à Castelnaudary. Tous les lundis et les samedis sur le parking de Gitem et du primeur Le Jardin de Riquet, Kaoufe food truck vous propose de découvrir la cuisine guadeloupéenne. Le principe est simple : un pain, le bokit, et vous choisissez votre garniture. À l’initiative de ce projet, Erwann et Gwenaëlle. Erwann, 26 ans, s’est inspiré des fameuses roulottes de la Guadeloupe pour créer son projet de restauration rapide. Une restauration de qualité puisque fast-food ne rime pas ici avec malbouffe. Le pain du bokit est fait par Erwann lui-même, qui s’appuie sur une forte expérience dans la restauration. Le jeune homme, qui souhaitait créer sa propre entreprise, n’a pas ménagé sa peine pour y arriver. Il a fait le tour des banques pour trouver un financement, et c’est la Société Générale à Castelnaudary qui a cru à cette aventure. Une aventure familiale, puisque Gwenaëlle, la maman d’Erwann, a quitté son travail de secrétaire médicale pour se mettre sous les ordres d’un chef «tyrannique»! Qualité, bonne humeur, optimisme et humour, voici les ingrédients d’une entreprise pleine de soleil et de saveurs.

Une cuisine associative

Toute la matinée de samedi, elles étaient huit à s’activer autour des fourneaux du Cercle laïque, à l’occasion de la reprise de l’atelier cuisine de l’association. Créé il y a une dizaine d’années par Kheira Chachi, l’atelier propose de préparer un repas complet, ensuite servi à un groupe d’invités. C’est un repas hongrois que les personnes étaient invitées à partager, samedi. Et c’est la Drouaise Marie-Dominique, passionnée de cuisine du monde, en particulier celle d’Europe de l’Est, qui était la conseillère culinaire du jour. « Nous avons prévu une salade en entrée, qui sera suivie d’un goulasch hongrois, puis d’un strudel au pavot », précise-t-elle. « Pour élaborer ce menu, j’ai fait des recherches que je me suis fait confirmer par un Hongrois. Il m’a expliqué qu’en ce qui concernait les desserts, ils étaient les mêmes en Hongrie qu’en Autriche. » Si la plupart des participantes étaient des habituées de l’atelier, les jeunes Laila et Anissa venaient, elles, pour la première fois. « Ne sachant pas cuisiner, je recherchais des cours à Dreux », confie Laila. « J’ai entendu parler de cet atelier dans la presse, et je suis ravie ! » Conquises, les deux jeunes femmes se sont immédiatement inscrites pour les sessions suivantes avec cuisine guadeloupéenne, le 20 décembre puis couscous, en janvier.

Cuisine des îles

« Nous voulons aller au-delà de certains clichés, annonce d’emblée Manuela Abon. La cuisine guadeloupéenne est simple, mijotée et pleine de saveurs car nous utilisons beaucoup d’épices ». C’est dans la cuisine familiale à Sainte Anne que Manuella et sa soeur Leila ont appris la cuisine et les recettes traditionnelles transmises par Marie, leur maman. Elles ont ensuite travaillé dans la restauration aux Antilles, avant de venir poser sac à terre à Quimper. Ce restaurant est aussi un hommage à Marie, il fait la part belle à toutes ces recettes qui font la cuisine traditionnelle des îles. Les connaisseurs retrouveront le chatrou sorte de poulpe en sauce mijotée, le Ti Figues et tripes spécialité de la maison ou le dombré, boulettes de viande farinées avec sa sauce aux lentilles. La cuisine est faite à partir des produits frais locaux accommodés des épices et du tour de main des deux Antillaises. Bien d’autres spécialités sont à découvrir, sur place, ou à emporter comme le Boquite, sandwich frit garni de viande et de légumes en sauce. La Guadeloupe, chez Marie. 15, route de Pont l’Abbé. Du lundi au samedi, de 10 h à 15 h et de 18 h à 23 h. Dimanche soir, sur réservation. Tél. 06 23 26 46 79.

Week-end à la maison bulle

Dans le cadre de l’organisation de séminaires, l’on nous demande souvent des réceptifs originaux, voire insolites : yourtes, tipis, igloos, cabanes dans les arbres et chambres sous-marines sont donc souvent mis à l’honneur. Si ces hébergements commencent à être connus, d’autres le sont moins, souvent parce qu’ils sont le fruit d’un projet isolé. Aujourd’hui, nous vous en présentons l’un de ceux-là, qui est proprement unique. Il se situe à Raon-l’Etape, face à la ligne bleu des Vosges. En ce lieu, pas de ligne droite, de fonctionnalisme ou de structures lourdes. Lové entre les bras de la rivière La Plaine, un ensemble de neuf maisons-bulles, délicatement posées sur le sol, rondes et blanches dans leur environnement de verdure et d’eau, accueille les visiteurs pour un séjour loin de tout très décalé. Dessiné en 1967 par le Suisse Pascal Haüsermann, un architecte libertaire et humaniste, cet ensemble a connu l’abandon puis la renaissance grâce à un groupe d’amis qui décida, en 2006, de le restaurer et de l’ouvrir au public. Si l’extérieur est sobre, la décoration intérieure en revanche explose des formes et des couleurs des années 1950, 1960 et 1970. Témoin la chambre Purple, inspirée de l’œuvre du designer danois Verner Panton. Du rose, du jaune, du rouge et surtout du cercle. Dans cet environnement original, même le lit est rond. Du zen au pop art, il y en a pour tous les goûts. Le café, en bulle lui aussi, accueille également des expositions et permet aux hôtes de se retrouver devant un bon jus de fruits ou une bière locale, au bord d’un petit bassin ombragé de saules. Le parc arboré abrite quant à lui de nombreuses sculptures contemporaines. Et lorsqu’on sort finalement de sa bulle, le massif des Vosges s’offre aux yeux, ainsi que ses nombreux sentiers de randonnée. Un idéal pour un séminaire à la fois original et sportif !

Produire du champagne en Angleterre

Signe du réchauffement climatique, les pays du nord sont de plus en plus ciblés pour la production du vin. Dernier exemple: Taittinger a acquis un terrain de 69 hectares dans le Kent, un comté du sud-est de l’Angleterre, dont une partie sera plantée de vignes de cépages Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier pour produire du mousseux anglais. C’est la première fois qu’une maison champenoise se lance dans une telle aventure, soulignent ses promoteurs. « Nous pensons que nous pouvons produire un vin pétillant anglais de grande qualité en nous inspirant de notre expertise de 80 ans dans la production viticole. Nous but est de faire un vrai produit d’excellence dans un climat britannique de plus en plus tempéré, sans le comparer au champagne ou à tout autre vin mousseux », a expliqué Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la maison du même nom. Le vin sera connu sous la marque Domaine Evremond, d’après Charles de Saint-Evremond (1614-1703), un poète et épicurien français qui a favorisé la popularité du champagne à la cour du roi Charles II d’Angleterre. Concrètement, le projet de plusieurs millions de livres sur plus de 10 ans sera porté par Champagne Taittinger (55%), son agent britannique Hatch Mansfield et des investisseurs britanniques. La première récolte sera embouteillée en 2021 avec l’objectif de produire plus de 300.000 bouteilles par an, essentiellement destinées au marché domestique. Il faudra d’abord planter des vignes sur plus de 40 hectares à partir de 2017 sur des terres autrefois dédiées à la culture des pommes. « Ce sera une petite production de très grande qualité » et dont « les volumes seront petits à l’échelle du monde », a souligné Pierre-Emmanuel Taittinger. L’évolution du climat, associée à un sol calcaire, a largement bénéficié aux vins effervescents anglais, qui représentaient les deux tiers des plus de 6 millions de bouteilles produites dans le pays en 2014. Certains crus sont jugés de grande qualité par les experts et ont récolté des prix à travers le monde. « Pour moi le réchauffement climatique, c’est la troisième guerre mondiale donc c’est une urgence absolue mais c’est un fait qu’en Champagne ou dans certaines régions du monde ces facteurs font qu’on a moins de gelées donc des récoltes plus abondantes et constantes », reconnaît Pierre-Emmanuel Taittinger. « Cela n’a pas échappé aux Anglais de voir que ça permettrait peut être d’élever dans de meilleures conditions des raisins, avec moins de gelées », ajoute-t-il. Aujourd’hui certains crus anglais sont jugés de grandes qualité par les experts et ont récolté des prix à travers le monde. Consécration suprême, c’est un effervescent anglais, le Ridgeview Grosvenor 2009, que Buckingham Palace a choisi comme apéritif pour le dîner officiel donné fin octobre en l’honneur du président chinois Xi Jinping. L’Angleterre reste toutefois encore une toute petite nation du vin, avec seulement plus de 2.000 hectares plantés de vignes, mais la surface a doublé ces sept dernières années. La production nationale ne représente encore que moins de 1% du marché britannique, qui dans le domaine des vins effervescents fait aujourd’hui la part belle au prosecco italien, relativement bon marché.

La Chine a besoin d’oenologues

La Chine dispose du deuxième plus vaste vignoble au monde derrière l’Espagne et ses viticulteurs rêvent de se hisser au meilleur niveau mondial en termes de qualité. Pour ce faire, ils devront innover plutôt qu’imiter les vins d’Europe et du « Nouveau monde », avertissent des experts. La première fois qu’il est entré dans une exploitation viticole du Ningxia (nord de la Chine), M. Hernandez y a découvert un mélange fort peu gouleyant: du matériel chinois flambant neuf mais des idées françaises éculées sur la vinification, dit-il. Ce Chilien faisait partie d’un groupe d’une cinquantaine de viticulteurs internationaux venus participer à une compétition parrainée par les autorités. Chaque professionnel étranger était associé à une exploitation viticole locale, avec l’espoir pour les autorités chinoises d’y faire grimper la qualité et d’attirer l’attention. « Les vins ont du potentiel, quelque chose de spécial, mais pour l’instant la plupart des exploitations copient le style des Bordeaux. Les pays d’Amérique du Sud ont fait la même erreur il y a 20 ou 30 ans », constate M. Hernandez, qui a vinifié en Argentine, en Espagne et dans son Chili natal. Les producteurs devraient plutôt mettre en valeur leur propre terroir, plaide-t-il, et « offrir quelque chose d’unique ». Le Ningxia s’est lancé dans le vin récemment. Sur place, la plupart des ouvriers viticoles n’ont jamais dégusté leur propre production: car dans la région vit une forte communauté Hui, des Chinois musulmans dont la loi islamique prohibe toute consommation d’alcool. C’est l’ethnie majoritaire Han qui tient les impressionnants domaines viticoles du Ningxia, dotés de technologies dernier cri, avec fûts de chêne importés et espaces de dégustation classieux. M. Hernandez combat l’idée répandue qu’argent et investissement peuvent à eux seuls produire de grands vins: « Les exploitations viticoles du Ningxia pensent que faire du vin, c’est plus ou moins comme faire des voitures: on rentre du raisin et du vin en sort ». Alors que les vins régionaux sont produits majoritairement à base de cabernet, un cépage avec lequel les viticulteurs créent des breuvages riches en alcool et très boisés, les viticulteurs étrangers en visite ont plutôt eu l’impression que le marselan – un croisement entre le cabernet sauvignon et le grenache, qui produit un vin plus épicé et fruité – serait plus adapté au terroir local. Développer son « propre style sera important car la région est très différente de Bordeaux ou de toute autre région dans le monde », pointe Carsten Migliarina, un Sud-Africain qui a travaillé en France et produit désormais à Stellenbosch, dans son pays d’origine. « Sélectionner le bon cépage prendra du temps », prévient-il. La première exploitation viticole commerciale de Chine a ouvert en 1892, il y a plus d’un siècle, mais la production de vin chinoise a surtout décollé ces 15 dernières années. Le pays dispose désormais de 799.000 hectares de vigne, principalement destinés à l’alimentation, selon l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Les vins du Ningxia progressent en qualité. Ils ont même fait bonne figure lors de dégustations à l’aveugle : un « match Bordeaux-Ningxia » organisé à Pékin en 2011 avait ainsi vu les bouteilles chinoises l’emporter sur les françaises… La compétition était toutefois biaisée puisque les bouteilles testées devaient avoir un prix de vente en Chine compris entre 200 et 400 yuans (30-50 euros), ce qui, mécaniquement, désavantageait les Bordeaux dont le prix incluait une lourde taxe d’importation.